Hygiène hospitalière et prévention des infections

Au XXIème siècle, de nouveaux enjeux et de nouveaux défis attendent les professionnels de la santé. Les bactéries multi et hautement résistantes aux antibiotiques menacent notre efficacité thérapeutique vis-à-vis d’infections que l’on croyait vaincues et le manque de vaccination adéquate nous expose à leur retour.

Aussi, les infections associées aux soins représentent un véritable enjeu de santé publique. Une étude menée en France par l’Institut national de veille sanitaire a évalué que chaque année, entre 500 000 et 800 000 patients contractent une infection dans un établissement de soins et que 4 000 d’entre eux en meurent. A cette réalité inacceptable pour les patients s’ajoute un coût financier énorme pour la société.

L’infection est un processus complexe qui résulte de l’interaction de trois éléments : l’agent infectieux, l’hôte et l’environnement. Le risque infectieux peut être prévenu ou minoré par des actions préventives sur chacun des éléments de ce trinôme. A l’hôpital, le respect de règles simples, en général énoncées dans le cadre de protocoles, permet une prévention efficace.

Les différents contrôles de l’environnement permettent de façon scientifiquement prouvée d’obtenir une véritable diminution des taux d’infection, et donc du nombre de patients infectés à l’hôpital.

Dans l’équipe hospitalière, chaque membre doit comprendre ces enjeux et tout mettre en œuvre pour être à la hauteur. L’information du patient et de sa famille/et ou son entourage est primordiale ainsi que la qualité de la prise en charge des patients.

Les éléments majeurs de prévention des infections à l’hôpital et le rôle de l’équipe soignante dans cette prévention :

Les précautions standard

Les précautions standard sont des mesures systématiques destinées à assurer une protection des professionnels et des patients vis-à-vis du risque infectieux. Ces mesures sont basées sur le principe que le sang, les liquides biologiques, qu’ils soient ou non souillés par du sang, les produits d’origine humaine, la peau lésée et les muqueuses, peuvent être à l’origine de la transmission de microorganismes. Ces mesures doivent être appliquées à l’ensemble des patients quel que soit le lieu et le type de prise en charge. Les PS constituent le socle de toute stratégie de réduction des risques et elles viennent en complément des mesures d’hygiène de base qui constituent le minimum de qualité qu’un établissement de santé doit pouvoir assurer. Ces mesures d’hygiène de base sont la politique d’hygiène des mains, les techniques de soins, l’hygiène du patient, la gestion du matériel, la maîtrise de l’environnement, l’organisation des soins et la tenue vestimentaire des personnels.

L’hygiène des mains

En établissement de santé, l’hygiène des mains (HdM) est indiquée parce qu’il existe, lors de la prise en charge, un risque de transfert de micro-organisme de la peau d’un patient/résident ou d’une surface inanimée vers un autre patient ou une autre surface. Cette transmission intervient le plus souvent via les mains d’un soignant.

On parle aujourd’hui de désinfection des mains par friction car on utilise préférentiellement des produits hydro-alcooliques, plus efficaces, plus rapides et mieux tolérés. Ainsi, on décrit 3 types possibles d’HdM :

  • le lavage simple des mains : il s’agit d’un lavage non désinfectant, réalisé avec un savon à usage fréquent (doux) : il doit être limité aux situations où les mains sont souillées ;
  • le traitement hygiénique des mains par friction, appelé aussi friction simple des mains ou antisepsie des mains ou désinfection des mains par friction. La désinfection des mains de niveau hygiénique est réalisée avec un produit spécifique, appelé couramment Produit (ou solution) hydro alcoolique (PHA/SHA) ;
  • la désinfection chirurgicale des mains par friction, le plus haut niveau de désinfection des mains, pour une asepsie maximale. Cette désinfection d’efficacité maximale des mains est réalisée avec un produit spécifique, dont l’efficacité est validée par des normes européennes et AFNOR. Il s’agit là encore de produits ou solutions hydro-alcooliques. Elle concerne surtout les équipes chirurgicales.

La réalisation systématique d’une désinfection des mains entre 2 soins est une procédure qui diminue la fréquence des infections nosocomiales, à condition que celle-ci soit faite avec une méthode efficace et une technique correcte.

Il existe des préalables indispensables à un geste HdM :

  • enlever tous les bijoux : bagues, y compris alliance, bracelets ou montres
  • avoir les ongles courts et propres, sans vernis ;
  • porter des manches courtes ou relever celles-ci au-dessus des coudes.

Pour réaliser un lavage simple, il faut :

  • se mouiller les mains et les avant-bras sous un filet d’eau ;
  • appliquer le savon (un seul coup de pompe) ;
  • se savonner et se frotter les mains et les poignets (face interne, face externe, les poignets, les pouces…) et insister sur les ongles et espaces interdigitaux ;
  • se rincer soigneusement à l’eau courante pour éliminer toute trace de savon ; éviter que l’eau davant-bras ne coule sur les mains, en gardant les mains au-dessus des coudes. Ce temps de rinçage doit être égal ou supérieur au temps de lavage ;
  • se sécher par tamponnement avec une serviette à usage unique ;
  • fermer le robinet à l’aide de la serviette de papier.

La technique de friction des mains :

Le port de gants

Le port de gants fait partie des précautions standard. Il est destiné à protéger le patient et le soignant du risque infectieux, à condition de respecter un certain nombre de mesures :

  • choisir des gants de soins sans latex non poudrés ;
  • ne pas porter des gants lors des contacts avec la peau saine ;
  • porter des gants avant tout soin exposant à un risque de contact avec du sang, des liquides, les muqueuses ou la peau lésée ;
  • changer de gants entre chaque patient ;
  • retirer les gants dès la fin du soin avant de toucher l’environnement ;
  • retirer les gants lorsque, dans une même séquence de soins chez un même patient, l’on passe d’un site contaminé à un site propre du corps ou lorsque l’on passe d’un site contaminé à un autre site contaminé.
  • Ne pas réaliser de friction des gants, ni de lavage des gants.

En mobilisant ses connaissances sur les règles d’hygiène standard et ses compétences professionnelles, l’aide-soignant-e concourt à la sécurité du patient, à la sienne et à l’ensemble des professionnels et des visiteurs.

Les précautions complémentaires (PC) ont pour but de faire barrière à la diffusion d’un agent infectieux connu ou présumé à partir d’un patient ou de son environnement immédiat. Selon le mode de transmission de l’agent infectieux, on doit compléter les précautions standard par des précautions complémentaires de type contact, gouttelettes ou air.

Précautions complémentaires contact : par exemple pour diarrhée à Clostridium difficile, gale, gastroentérite bactérienne ou virale (si incontinence chez l’adulte) ou chez l’enfant, herpès, infection ou colonisation à bactéries multi-résistante (BMR), Infection de la peau (impétigo, abcès), infection à virus respiratoire syncytial (agent de la bronchiolite) (PC gouttelettes également), poux et puce, varicelle (PC air également). L’hygiène des mains après tout contact avec le patient ou son environnement et le port d’équipement de protection individuelle (EPI) de type gants/tabliers en cas de contact direct et prolongé avec le patient ou son proche environnement sont nécessaires. Les équipements de protection individuelle sont retirés avant de sortir de la chambre. Le matériel réutilisable doit être autant que possible individualisé.

Précautions complémentaires gouttelettes : par exemple pour grippe, coqueluche, diphtérie, méningite (Haemophilus, Neisseria meningitidis), pneumonie à Haemophilus influenzae chez l’enfant et à Mycoplasma pneumoniae, oreillons, rubéole, infection à virus respiratoire syncytial (agent de la bronchiolite) (PC contact également). Les mesures à mettre en place dans les précautions complémentaires gouttelettes reposent principalement sur le placement du patient en chambre individuelle ou sur un regroupement des patients et sur le port par les professionnels d’un masque de type chirurgical dès l’entrée dans la chambre du patient. Le patient porte un masque chirurgical pour ses déplacements en dehors de la chambre.

Précautions complémentaires air : par exemple rougeole, tuberculose pulmonaire, varicelle (PC contact également), zona (forme généralisée). Elles reposent sur l’installation du patient de manière obligatoire en chambre seule, la porte de la chambre demeurant fermée en permanence et sur le port d’un appareil de protection respiratoire de type FFP2. L’appareil de protection respiratoire est mis avant de rentrer dans la chambre. Les déplacements du patient sont strictement limités (port d’un masque de type chirurgical par le patient en dehors de sa chambre).

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